texte dénonçant le rôle de "tirailleur" de l'actuel Ministre de la Justice du Sénégal.
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Après le fiasco de Johannesburg, Maître Kaba doit avoir la dignité de partir !
Demba Moussa Dembélé, Dakar
Le Sommet de l’Union africaine en Afrique du Sud a été éclipsé par l’affaire du président soudanais, Omar el Bachir. Et cette affaire porte la main du ministre de la Justice du Sénégal, Maître Sidiki Kaba, qui a demandé aux autorités sud-africaines d’arrêter le chef de l’Etat soudanais, sous prétexte qu’il est sous le coup de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Comme il fallait s’y attendre, et contrairement aux vœux pieux de certains Africains à la mentalité encore profondément colonisée, el Bachir est rentré chez lui, accueilli triomphalement par une foule en liesse à son retour à Khartoum.
Maître Sidi Kaba a mis le Sénégal et l’Afrique dans l’embarras
Cet heureux dénouement a prouvé qu’il y a encore des pays africains qui ne se laissent pas dicter leur conduite par une certaine « communauté internationale »dont hypocrisie n’est plus à démontrer. Le continent africain a refusé d’être humilié pour se complaire avec les décisions d’une Cour dont la plupart de ses membres récusent la légitimité. Pourtant, Maître Kaba n’ignorait pas cela. Alors pourquoi a-t-il osé demander à l’Afrique du Sud d’arrêter el Bachir en plein Sommet de l’Union africaine? Sans doute, pour plaire à ses parrains occidentaux, qui l’ont élu pour seconder la présidente de la CPI, Fatou Bensouda, dans la chasse aux « dictateurs » africains. En agissant ainsi, Maître Kaba a voulu lancer un défi à tout le continent. Ce faisant, il a mis dans l’embarras toute l’Afrique, y compris son pays, le Sénégal.
Il a surtout permis aux médias occidentaux, si prompts à dénigrer les « dictateurs » africains, de saisir pareille occasion pour détourner l’attention du monde sur le vrai agenda du Sommet. A cause de cette gaffe de Sidi Kaba, le Sommet s’est réduit dans ces médias à un feuilleton judiciaire mettant aux prises un juge, sans doute nostalgique de la sinistre période d’apartheid, et le gouvernement sud-africain. Tous les grands dossiers, qui étaient à l’ordre du jour du Sommet, ont été ainsi éclipsés par cet épisode. Toutes les forces, qui voient d’un mauvais œil les efforts de l’Afrique pour régler ses propres affaires et avancer vers son intégration, ont dû remercier Sidi Kaba de leur avoir donné l’occasion de verser encore des tombereaux d’injures sur le continent et ses dirigeants.
La CPI manque de légitimité et de crédibilité
Cette attitude de Maître Kaba montre qu’il est plus au service d’un système ligué contre l’Afrique qu’au service d’une «justice internationale ». Maître Kaba et les gens qui pensent comme lui nous font croire que la CPI représente une « justice internationale impartiale ». Ce qui n’est absolument pas le cas.
Comment se fait-il que ce soit seulement des Africains qui aient été poursuivis ou jugés depuis que la Cour existe ? Comment se fait-il qu’elle ne se soit jamais occupée des crimes abominables de l’Etat d’Israël contre les Palestiniens ? Comment se fait-il que les barbaries perpétrées par les Etats-Unis en Irak et ailleurs dans le monde n’aient jamais pas fait l’objet de la moindre enquête par la CPI ? ’
Le jour où elle décidera de poursuivre un des plus grands criminels de tous les temps, George W. Bush, et les dirigeants israéliens, tous coupables des pires crimes contre l’humanité, alors la CPI aura une vraie légitimité, non seulement aux yeux des dirigeants et peuples africains, mais également auprès de la grande majorité de l’opinion mondiale.
Pour le moment, la CPI n’est rien d’autre qu’un instrument au service des intérêts des puissances occidentales contre tous ceux qui osent s’opposer à leurs desseins hégémoniques et à leur volonté de perpétuer leur domination sur l’Afrique. Les juges qui ont condamné Omar el Béchir, tout comme les pays et organisations qui s’agitent aujourd’hui pour son arrestation, se soucient très peu du sort des populations du Darfour. Comment peut-on être naïf au point de croire que ceux qui laissent des milliers d’immigrés mourir en haute mer pourraient se soucier du sort de lointaines populations du Darfour ? Comment peut-on croire que ceux qui ont détruit la Libye, assassiné son dirigeant et permis à des hordes de terroristes d’envahir les pays du Sahel, se préoccuperaient du sort de ces populations ?
Maître Kaba doit démissionner ou être remercié par Macky Sall!
La tentative honteuse de Maître Kaba d’humilier l’Afrique doit être sévèrement sanctionnée. Il doit partir pour éviter d’autres impairs de ce genre, qui risquent de ternir un peu plus l’image du Sénégal en Afrique. D’ailleurs, lors de son élection à la tête de l’Assemblée des Etats parties à la CPI, certains avaient évoqué l’incompatibilité avec ses fonctions de ministre. L’affaire Omar el Bachir confirme amplement cette analyse.
C’est pourquoi Maître Kaba doit démissionner et aller se mettre au service de la CPI et des puissances occidentales. D’autant plus que l’incurie de son Ministère a été exposée à plusieurs reprises. Deux exemples pour l’illustrer. Le journal Le Quotidien du 17 juin indique que l’Etat du Sénégal a été informé « par hasard » qu’il avait été attaqué en justice par AHS et son partenaire international Menzies Aviation devant le Centre international de règlement des différends (CIRDI) ! Cela par négligence du ministère de la Justice, dirigé par Maître Kaba ! Le second exemple, qui a le plus défrayé la chronique, est la décision du Groupe de travail de l’ONU sur les droits de l’Homme, enjoignant le Sénégal de « libérer » Karim Wade. Il a été rapporté que les services de Me Sidiki Kaba n’ont pas déposé leurs observations auprès de ce Groupe dans les délais requis. La décision de ce Groupe de travail a été utilisée par Maître Abdoulaye Wade, le PDS et les avocats de Karim Wade pour décrier la Crei et vilipender le régime de Macky Sall.
Cette seule faute aurait dû inciter Maître Kaba à démissionner, car elle est un échec personnel pour lui, compte tenu de l’importance de ce dossier. Le fiasco de Johannesburg doit achever de convaincre que Maître Kaba n’a plus sa place dans le gouvernement du Sénégal. La preuve est faite qu’il est plus prompt à défendre la CPI et à défier l’Afrique qu’à défendre les intérêts vitaux du Sénégal. S’il n’a pas la dignité de démissionner, le président Macky Sall doit prendre la décision de s’en séparer. Car il est évident que Maître Kaba est devenu inutile et encombrant pour lui.